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  • Les vins du Rheingau

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    Bernkastel_pic.jpgC’est ici que vous goûterez le plus grand nombre des meilleurs vins allemands, dont quelques-uns font partie des plus grands vins du monde, notamment les Auslese, Beerenauslese, Trockenbeerenauslese, voire certains Kabinett extravagants. A plus de 80%, le Riesling est le cépage principal du Rheingau, mais l’on produit également des rouges (à Assmanshausen) qui ne m’ont pas vraiment enthousiasmé, douceâtres et pâles, sans réel intérêt.

    Le Rheingau est un cas à part du vignoble allemand où la multitude de crus alliée à une impressionnante diversité de sols (quartz, schistes, lœss, marnes, calcaires, ardoises, limons…) s’ajoutent au fait que la région est surtout celle de producteurs indépendants, à l’inverse des autres vignobles allemands où le négoce et surtout la coopération sont omniprésents. Le Rheingau a aussi le mérite d’être une région où le vignoble est la seule culture, très homogène. C’est aussi le seul endroit où le Rhin change de direction, passant de l’ouest vers l’est, au lieu de son habituel tracé nord-sud. Cela influence tout particulièrement le Rheingau, et spécialement les beaux vignobles du versant sud protégés au nord des influences froides par les monts du Taunus, qui reçoivent alors une forte réverbération du rayons du soleil incidents et réfléchis sur le fleuve.

    Historiquement, le Rheingau a toujours été une référence. En 1435, le Riesling est cité pour la première fois par écrit dans la région de Hochheim. Déjà, le grand intérêt de la cour des archevêques de Mayenne ces vins, sur le plan fiscal mais aussi pour le plaisir, a forcé l’achèvement de la culture viticole au Moyen Age. Les monastères y ont joué un rôle considérable, comme l’Abbaye des bénédictins de Johannisberg (fondé en 1100) et le monastère cistercien d’Eberbach (établi en 1136). La plupart des classifications vinicoles allemandes ont également leur origine ici. Pour exemples, les vins classés Spätlese ou Auslese sont nés dans la région grâce à la volonté déterminée du vigneron indépendant d’obtenir la qualité optimale pour chaque millésime, adaptant ainsi le style de vins aux caprices de la nature.

    Objectivement, on peut penser que le Riesling (Rheinriesling, svp), qui trouve sa quintessence ici, est aussi né dans le Rheingau. Le hasard n’a rien à voir avec le fait que ce cépage s’accorde à merveille avec ces sols si variés, s’adaptant extraordinairement bien à chacun, et donnant chaque fois un vin où s’harmonise le sucre, l’acidité et l’extrait sec, très typé, nuancé, racé, qui montre sa différence dans le temps, au cours de son évolution. Il est indéniable que la période végétative très longue due à la situation septentrionale de la région et les températures relativement élevées en fin de saison, favorisent la maturité tardive de ce cépage exceptionnel.

    Un seul Bereich, le Johannisberg, qui n’est pas un gage qualitatif et qu’il ne faut pas confondre avec les crus provenant du village du même nom, 14 Grosslagen et 16 Einzellagen couvrent le secteur du Rheingau. Les meilleurs vignobles, plus marqués par leurs origine communale que par les Grosslagen, partent de Hochheim, sur le Main, passent par Walluf, Rauenthal, Eltville, Erbach, Hattenheim, Hallgarten, Œstrich, Mittelheim, Winkel, Johannisberg, Geisenheim et Rüdesheim pour rejoindre la commune de Lorch.

    Une fois n’est pas coutume, c’est donc par les villages qu’une hiérarchie qualitative peut être mise en place. Ils méritent que vous y fassiez un détour, en profitant de leur ambiance chaleureuse et typiquement vinicole. L’atmosphère et la convivialité aidant, prévoyez des haltes, vous serez tentés de “lever le coude” facilement…

    Les meilleurs vignobles se situent près de Hochheim, et donnent des vins très fermes, corsés, moelleux, puissants au nez comme en bouche, d’excellente évolution. A Rauenthal, qui fait partie du Grossslage Steinmächer, vous découvrirez des vins plus tendres, mais possédant suffisamment de richesse dans les bons millésimes pour réserver des surprises au bout de quelques années. Eltville, sur les rives du fleuve, bénéficie du même Grosslage, et les vins de Riesling tiennent largement la comparaison. Tout proche, le Grosslage Deutersberg comprend les vignobles de Hattenheim (la commune est belle, et le cru Steinberger Riesling hors du commun, de grande garde) et ceux de la ville d’Erbach, plantés sur des sols principalement marneux, qui donnent des blancs secs et moelleux à la fois, corsés, épicés, tout en bouche.

    La commune d’Hallgarten produit des vins durs et fermes, très corsés, de lente évolution, provenant de vignobles perchés sur les coteaux les plus pentus regroupés sous le Grosslage Mehrhölzchen. En continuant, on arrive à Oestrich qui possède des hectares dans les Grosslagen Gottesthal et Mehrhözchen de nouveau, où le Riesling semble se plaire parfaitement. Après Oestrich, on est à Mittelheim qui regroupe deux très bons Grosslagen, Erntebringer et Honigberg, le premier produisant des vins plus fougueux, très riches, le second des vins où le fruit domine, que je préfère savourer dans leur jeunesse. La commune de Winkel suit et comprend deux des plus grands crus du Rhin : Schloss Vollrads bien sûr, dont la réputation est internationale, et Schloss Johannisberg (et le Hasensprung), qui atteint également les plus hautes sphères. Des vins superbes, très élégants, très aromatiques, racés et fins, tout en complexité.

    Poursuivant votre périple comme je l’ai fait, vous passerez par Geisenheim en excitant vos papilles sur les crus provenant du  Rothenberg, pour parvenir à Rüdesheim où les vins du Berg sont toujours remarquables, intenses au nez comme en bouche, gras et savoureux, d’excellente garde. Quelques-uns des plus grands vins du Rheingau proviennent de là.

  • Les éliminés du Guide 2010

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    Déguster un bon vin ne suffit pas. Je m'en tiens à trois facteurs, tout aussi essentiels que celui de la "bouche" :

    - LE PRIX

    Selon moi, un vin ne mérite d'être retenu, encensé, défendu... que si son prix de vente aux consommateurs est cohérent. Abstraction faite des (très) rares crus mythiques pour lesquels le prix ne veut rien dire (Petrus et 4 ou 5 autres, qui sont dans le Guide). Il y a des vins, à tous les prix, que je classe à la tête de mes Classements, des vins qui valent leur 100 € (principalement en Bourgogne et en grandes cuvées champenoises), d'autres qui sont superbes à 10 €, à 7 € ou à 30 €, tout dépend de ce que l'on recherche, de son budget, de l'accord des vins et des mets, des moments présents (on ne boit pas les mêmes vins au printemps qu'à l'automne, avec ses amis ou avec des relations de business, la liste est sans fin...), etc, etc. Le vin est un tout, un art de vivre, et beaucoup de choses doivent être prises en compte avant de le "juger". Et puis, on ne déguste jamais de la même manière, il s'agit donc d'être particulièrement humble en la matière : tout change selon son humeur !

    On comprend alors ce qui m'amuse (et me navre) quand je vois des "dégustateurs" qui se permettent de noter un vin (qu'il n'ont jamais goûté avant)  comme s'il s'agissait d'une boîte de petits pois. Ils n'ont rien compris et se dévalorisent eux-mêmes en agissant ainsi. Mais, c'est leur problème, et cela fait des années que je m'en lave les mains.

    - L'HOMME (ou la FEMME)

    Un bon vin ne peut pas être non plus celui d'un producteur arrogant, imbu de sa "science" ou qui se targue régulièrement de sortir un produit à un prix injustifié.

    Il y a des tas de vins que j'aime car je connais ceux qui les élèvent, leur passion, leur honnêteté, leur fidélité. Il y a aussi un bon nombre de vignerons que je soutiens car je connais les difficultés -d'image ou financières- des uns et des autres, selon les régions (Beaujolais, Muscadet, Languedoc, "petits" Bordeaux...). Je ne m'en suis jamais caché, mon rôle, c'est aussi de mettre mon impact au service de ceux qui en ont besoin, à un moment donné.

    En parallèle, il y a de très grands crus, partout certes, mais plus particulièrement en Bordeaux et en Bourgogne, où des hommes et des femmes talentueux sont restés fidèles à une déontologie qui mérite le respect. On peut citer Léoville-Barton, Calon-Ségur, Grand-Puy Lacoste, Certan de May, Lamarche, Tremblay.., les Corréziens (Moueix, Janoueix...) et bien d'autres, de Natter à Mont-Redon, de la Provence au Languedoc, que vous retrouvez dans Millésimes, notamment. Ils se reconnaîtront, vous les appréciez, et sont, en tout cas pour un bon nombre d'entre eux, dans mon Guide depuis 30 ans !!! Voir aussi cet article ou Les Vins du Siècle.

    On est alors bien loin de ces autres "marchands de vins" médiatiques qui nous vantent leurs dernières trouvailles pour avoir un article complaisant, nous montrent leur super "conseiller" qui va leur faire mariner leur vin comme des sardines dans de l'huile, nous prédisent que nous, les Français, sommes des ringards avec notre volonté de terroir, de typicité... J'en passe, pas de raison de m'énerver pour si peu. Pour mémoire, cet article ou celui-là !

    Je revendique donc la subjectivité, qui va de pair avec l'objectivité, si l'on est un être humain. Il y a des gens du vin avec lesquels je n'ai aucune accointance (ils me le rendent bien), d'autres que j'estime, rien de plus normal.

    - LA SPÉCIFICITÉ

    C'est-à-dire l'authenticité de sa région, de son sol, de ses cépages... Et, croyez-moi, je goûte des vins -c'est selon- minables, inexcusables, insipides, "sans âme ni vertu", dans toute la France, à tous les prix, à Margaux comme en Corbières, en Champagne comme à Pommard, à Saint-Émilion comme à Châteauneuf... That's life !

    Bref, revenons à la préparation de mon Guide. Il y a donc, chaque année, des "éliminés" et des "nouveaux", et c'est bien naturel puisque c'est le jeu même des sélections et des coups de cœur (ou de gueule).

    Allez, sympa comme je suis, je ne vais pas vous dire pourquoi vous ne retrouverez pas ceux-là dans le Guide 2010 : est-ce à cause du prix, de dégustations décevantes, de la typicité, du manque d'échantillons ou de je ne sais quoi d'autre ? A eux et à vous, de voir... Certains reviendront, d'autres n'ont aucune chance, et, celle liste n'étant ni exhaustive ni définitive (je regoûte et réfléchis pour certains) jusqu'à fin Juin, tout cela peut -aussi- encore évoluer. C'est donc un premier point, à ce jour, au 5 Mai.

    Les ÉLIMINÉS DU GUIDE

    (pêle-mêle, dans toute la gamme, on dépasse les 200... pour pratiquement autant de nouveaux) :

    - A Bordeaux, Rauzan-Ségla, Roques-Mauriac, La Couspaude, Haut-Selve, Cantemerle, Haut-Bailly, Haut-Guillebot, Commanderie Queyret, Haut-Marbuzet, Fieuzal, Pichon-Baron, La Dauphine, Sainte-Marie, Caronne-Sainte-Gemme, Dutruch-Grand-Poujeaux, Balac, Haut-Brisey, Noaillac, LidonneTour de Pez, Clos du Haut-Peyraguey, Phélan-Ségur, Cave de Lugon, Beychevelle, Gueyrot, Montaiguillon, Plassan, Saint-Valéry, d'Escot, Petits-Arnauds, Elixir de Gravaillac, Fonréaud, Donissan, Barbe, Navarro, Moulin de Sales...

    - En Champagne, Ayala, De Méric, Jean Moutardier, Sanchez-le-Guédard, Jacquart, Rigolot, Charles Collin, Lancelot-Pienne, Dauby, Saint-Gall, Trouillard, Henri Abelé, Waris-Larmandier, Nicolas Feuillatte...

    - En Loire, Maurières, Chaintres, Louet-Arcourt, Planchon, Aulée, Pibaleau, Cordier, Pain, Bessons, Nueil, Saint-Just, Joguet, Raimbault...

    - En Languedoc, Villerambert-Moureau, Beauregard-Mirouze, Lancyre, Lascaux, La Vernède...

    - En Rhône, La Gardine, Marsanne, Taurelle, Maby, Boissenet, Juge, Mavette, Fontvert, Petite Bellane, Barnel, Pourra...

    - En Sud-Ouest, Brézéguet, Haut-Monplaisir, Corbiac, Costes, Panisseau, Grimardy, Cayx, L'Églantier, La Coustarelle, Aydie, Rousse...

    - En Provence, La Laidière, Brégançon, Pey-Neuf, Galoupet, Saint-Maur, Ribotte, Rouet, Estello, Saint-Jean-de-Villecroze, Cressonnière...

    - En Bourgogne, Jean Maréchal, Bachelet-Ramonet, Seguin, Davenne, Joliet, Cave des Paulands, Bitouzet-Prieur, Prudhon, Gerbeault, Guillo, Christian Belleville, Tatraux, Juillot, Camu...

    - En Alsace, Freyburger, Kubler, Schoesch, Mauler, Schaller, Frey, Kamm, Beck, Materne-Haegelin, Wittmann, Dock...

    - Ailleurs, Fruitière de Voiteur, Tracot, Paire, Mas Blanc, Orenga de Gaffory...

    Et quelques autres, mais il faut bien que je garde un effet "surprise", non ?

    P.S. Le prix des Grands Crus de Bordeaux Primeurs 2008 a baissé de 30 à 50 % : il n'y a rien de plus normal, ce n'est ni un "geste" de la part de certains propriétaires, et encore moins un acte de bonté : ils y étaient tout simplement obligés... Une petite pensée pour ceux qui ont largement surpayés les 2005 (le "pompom", avec des prix incautionnables), les 2006 et 2007 ? Mieux vaut donc être fidèle aux propriétaires qui ont la sagesse d'avoir des prix raisonnables (il y en a pas mal, on vous donne même leurs noms !). C'est d'autant plus difficile à cautionner que les 99% des autres (très) bons Bordeaux sont à des prix très justifiés... ou, parfois, juste rémunérateurs pour les producteurs, s'ils sont trop liés au négoce.



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  • Champagne : le nouveau Classement

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    58-5.jpgNOUVEAU : le Top Palmarès Vignerons 2010, Région Champagne

    - Prix d’Honneur : 21
    - Prix d’Excellence : 22
    - Satisfecits : 29
    - Lauréats : 24
    - Espoirs : 5

    Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante.

    54-3.jpgEt puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.


    2004.jpgComme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc.

    Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Veux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne comme de la lessive…


    Mon Classement 2010 (en ligne dans les prochains jours, voici le 2009) est entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent.943.jpg

     

    56.jpgLes Premiers Grands Vins Classés
    Il y a 23 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de main), et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Roederer ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps, d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 €, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile.

    61.jpgAux côtés de maisons incontournables (Charles Heidsieck, Gosset...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, Ellner, De Sousa, Veuve A. Devaux, Philipponnat). Deux nouveaux venus cette année : Bara et Pierre Arnould, où la force des terroirs de Grands Crus joue à plein, à des prix défiant toute concurrence. Bollinger et Laurent-Perrier sont mis entre parenthèses, surtout pour les prix, la qualité n’étant pas réellement mise en cause.

    69.jpgChaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent : Krug, par exemple, atteint les sommets qualitatifs et des prix tout aussi majestueux (130 € environ pour la cuvée Réserve et 500 € pour le Clos du Mesnil) et je le mets pourtant en tête. C’est  le meilleur (le rosé est formidable), selon moi, en faisant abstraction du prix, comme Petrus.

    De Telmont, lui, bénéficie avec la cuvée O.R. 1735 d’un rapport qualité-prix-plaisir exceptionnel (55 €). Ils sont tous les deux au sommet, et l’un comme l’autre le méritent bien sans être “comparables”. Tout aussi méritante, la savoureuse cuvée des Caudalies de De Sousa (60 €), et l’extraordinaire cuvée des Millénaires de Charles Heidsieck n’est “qu’à” 70 €. Le prix intervient donc logiquement dans cette hiérarchie, et cela explique que des maisons moins connues côtoient des marques plus réputées mais que des marques très réputées sont aussi à des prix très attractifs. C’est le plaisir qui compte, la régularité et... l’accessibilité.62-4.jpg

    64-2.jpgCar les prix, cela compte, avec leurs différences : la très belle cuvée D de Devaux est beaucoup plus accessible en effet (50 €) que l’exquise cuvée Grand Siècle de Laurent-Perrier à 170 €... Ce sont pourtant deux grandes cuvées, procurant chacune un plaisir réel, et il y a donc bien une notion de prix qui doit entrer en compte pour “classer” l’une et l’autre. Faut-il donc payer parfois 2, 3, 5 fois plus cher ? Vous seul pouvez être juge.964-2.jpg

     

    Les Deuxièmes Grands Vins Classés
    C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite. 

    Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des prix remarquables (Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Delaunois, Bonnaire, De Lozey, Lombard, Prin, Pascal Leclerc-Briant, Gaston Chiquet, Vergnon, Rutat..), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage. Pierre Mignon, Jacques Busin, Legras et Haas et Maurice Vesselle atteignent également la tête de cette hiérarchie, ce qui les place à un haut niveau, très mérité.

    À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Ralle, Drappier, Perseval-Farge, Gimonnet, Bourgeois, Laurent-Gabriel, René Jolly, Michel Lenique, Bardoux, Pierre Gobillard, Lancelot-Royer, Vautrain-Paulet, Prévoteau-Perrier, Bourdaire-Gallois, Philippe Dumont, Charpentier...).

    690.jpgQuelques coopératives travaillent remarquablement (De Castelnau, Vincent d’Astrée, Beaumont des Crayères, Clérambault...) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées... À la suite, une bonne centaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux...151.jpg

     

    Les Troisièmes Grands Vins Classés
    La plupart peuvent monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, d’autres, parfois, ont proposé des cuvées plus décevantes en dégustation, sur le plan de la qualité-régularité-prix.

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