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  • Les vins d'Italie (nord-est)

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    venise.jpgLe Trentin et le Haut-Adige

    Douze DOC dans cette belle région chérie des skieurs qui pratiquait la viticulture bien avant que les Romains ne l’encourage. Ce sont les couvents et les évêchés qui firent de cette région leur source d’approvisionnement en vin, au temps de Charlemagne. Aujourd’hui, l’influence germanique est d’ailleurs toujours omniprésente, notamment dans la région du Haut-Adige, et cela se ressent tout naturellement dans le style de vins élaborés.

    La quantité prime quand même sur la qualité et presque les 2/3 de la production, sont des DOC, exportés pour la plupart en Suisse, en Autriche, et en Allemagne, ce qui semble parfaitement naturel. A noter que les vins du Trentin sont assez proches de ceux du Haut-Adige, issus pour la plupart des mêmes cépages, mais plus neutres et sans grand intérêt. Les coopératives sont puissantes, et tout le monde produit des blancs secs et mousseux.

    - Alto Adige
    Cette appellation générique couvre la fraction du Haut-Adige située dans la province septentrionale de Bolzano. Hormis l’Alto Adige Spumante, tous les vins sont des vins de cépage (s) et doivent comporter au moins 95% du cépage indiqué, contre 85% dans le reste du pays. Les rouges ne sont guère passionnants, malgré leurs noms flambeurs de Cabernet-Sauvignon, de Merlot ou de Pinot noir (Blauburgunder), ce dernier étant nettement supérieur en rosé (un comble). Pour l’anecdote, le Moscato rosa (Rosenmuskateller) et ses vins chauds et parfumés, demi-doux à moelleux, avec une forte acidité naturelle et une saveur prononcée de Muscat, bien agréable à constater. En blancs, aux côtés du bon Terlano (DOC), vous trouverez l’éternel Chardonnay, meilleur quand il est frizzante, presque spumante. Le Pinot bianc (Weissburgunder) est le plus répandu des cépages blancs, et c’est certainement lui qui donne les plus jolis vins de la région. Le seul Riesling digne de ce nom est celui du Rhin (renano). Je ne m’étends pas sur les qualités très moyennes du Müller-Thurgau, du Sauvignon ou du Sylvaner, et préfère vous faire découvrir un vin plus racé comme le Moscato Gialoo qui donne de délicieux vins de dessert.

    - Teroldego Rotaliano
    J’ai bien apprécié ce rouge provenant de la maison Zeni, issu du cépage Teroldego. Le vin est coloré, bouqueté, légèrement corsé, de bonne bouche.

    - Sant Maddalena
    Issu du cépage Schiva, un vin rouge franc, fruité et rond, sans prétention, à boire frais en regardant les collines qui vous feront penser au Tyrol voisin.

     

     


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    La Vénétie

    Dès le XVe siècle, Venise était le premier négociant de vins de la grande Europe. Les riches marchands vénitiens exportaient en effet les vins grecs et les vins de Vérone ou de Padoue. Les vins de Vénétie sont issus aujourd’hui des cépages plus ou moins hétéroclites Barbera, Merlot, Pinot noir, Cabernet-sauvignon pour les rouges et des Trebianno, Bianchetta, Malvoisie, Pinot blanc ou Traminer. Les secteurs étant disparates, les vins le sont tout autant, blancs, rouges ou rosés, et proviennent des collines véronaises, des monts Berici, des collines Euganéennes, de Bregance et des rives du Piave : Valpolicella, Bardolino et Soave, avec une préférence pour le premier (mais si) qu’il est bien agréable de savourer un peu frais, dans sa jeunesse, même si j’ai eu l’occasion d’être surpris par quelques bouteilles de 8 et 10 ans, qui sont surtout des exceptions. Si je ne vous conseille pas de nombreux vins, c’est qu’ils sont,  soit issus d’assemblage, soit des vins de purs cépages pour le moins peu typés (Cabernet, Merlot…), provenant surtout du secteur de Trente et de Trévise (Colli, Piave…).  Cinq appellations, d’ouest en est, sortent du lot.

    - Bardolino
    De bons vins rouges légers (et rosés comme le Chiaretto) proviennent de cette région du lac de Garde, et sont à apprécier simplement pour leur fruité et leur nervosité en bouche, jeunes et frais.

    - Valpolicella
    C’est le vin de prédilection des alentours de Vérone, issu des cépages Rondinella, Corvana et Molinara, que l’on ne se gêne pas pour rendre très productif. Passons. Un bon Valpolicella n’est pas élaboré pour faire de l’esprit mais pour faciliter le dialogue entre amis. Essayez le Recioto della Valpolicella, un vin rouge étrange issu de raisins passiti, très alcoolisé, aux nuances aromatiques intenses, qui peut rappeler un VDN, voire, de loin, un Porto.

    - Bianco di Custoza
    Peu connu et produit au sud de Vérone, ce joli blanc, à la fois sec et rond, qui sent les fleurs fraîches, est un vin très attirant, dont certaines bouteilles sont surprenantes qualitativement.

    - Soave
    Il y a de tout dans cette appellation, des plus simples des blancs, vraiment insignifiants, à des crus plus denses, parfumés, aux notes d’amande et de fleurs, onctueux en bouche comme le Recioto di Soave, de bonne évolution.

    - Bregance
    Un bon Bregance blanc, notamment le Prazti di Canzio, est un vin tout à fait particulier, très parfumé, fin et suave, très agréable à découvrir sur un poisson de lac. Le rouge peut être excellent, puissant et corsé, aux tannins fermes.

     

    Le Frioul et la Vénétie Julienne

    S’étendant à l’extrême est du nord de l’Italie, de la frontière autrichienne jusqu’à Trieste, la région produit surtout des vins issus de vinifications plus modernes que typiques des cépages que l’on croit à tort et à travers “améliorateurs” comme le Chardonnay ou le Merlot.

    Terre de conquête, le Frioul cultive la vigne dans la zone abritée des collines, protégée par les Alpes du vent froid qui sévit sur les plaines et les vallées. Avec 118 typologies différentes (ouf !), 8 vins du Frioul ont obtenu la DOC. Comme en Vénétie, les vins de cépages “français” vont donc bon train dans les appellations Aquilea, Atisana, Izonzo… et ne présentent pas plus d’intérêt, sur le plan de la typicité et de l’originalité d’un pays, qu’un Chardonnay de l’Ardèche ou qu’un Bordeaux nouveau.

    - Grave del Friuli
    C’est la plus grande appellation de la région, qui s’étend de Pordenone à l’ouest à Cormons à l’est, où vous ne trouverez pratiquement que des vins de cépages qui ne vous dépayseront pas (Merlot, Pinot noir, Chardonnay, Sauvignon… il ne manque plus que la Syrah ou la Marsanne). Préférez quand même les vins qui proviennent des Refosco, Tocai , Pinot grigio ou Verduzzo.

    - Colli Orientali del Friuli
    Aux côtés du Pinot Grigio et du Tocai, qui font d’excellents vins dans ce secteur, deux cépages blancs valent le détour : le Verduzzo, vinifié surtout en demi-sec, ample et bouqueté, vraiment très réussi, et le Picolit, un raisin difficile à cultiver (et un vin difficile à trouver, 400 hl par an) qui produisait un vin déjà apprécié au XVIIIe siècle, issu des collines de la province d’Udine.

    - Carso
    Près de Trieste, le Terrano del Carso est un rouge très typé, parfois austère, intense et concentré (c’est l’influence du  cépage Terrano), qu’il faut savoir   attendre.

     

    Lire la suite : Toscane...

  • Liqueurs : l'essence des esprits

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    grande-chartreuse-02.jpgLes liqueurs de fruits

    Les liqueurs de fruits, obtenues par macération des fruits dans l’alcool durant plusieurs mois, stabilisation par le froid et addition de sirop, sont les plus riches en vitamines (gare au régime). La plus célèbre est la crème de cassis, que l’on mélange à tort et à travers avec du vin blanc en la proposant sous le nom de Kir, sans préciser que le véritable Kir, celui du Chanoine, ne se préparait qu’avec du Bourgogne aligoté. Les autres ne méritent que le nom de vin blanc-cassis. Goûtez-la aussi seule, pour elle-même.

    Le Cherry Brandy, obtenu par macération de cerises dans de l’alcool pratiquement pur, tient la dragée haute aux autres liqueurs issues de framboises, prunes ou mirabelles. Il faut le boire pur dans un verre frais, comme la plupart des digestifs à base de fruits rouges. En Suisse, on n’hésite pas à rajouter des arômes de chocolat pour proposer un “Chéri Suisse”, dont l’exploitation du nom semble manifeste. A ce propos, les contrefacteurs sont nombreux. La palme revient à la Maison Suze (liqueur de Gentiane, à boire surtout en apéritif), qui, depuis près de deux cents ans, voit sa bouteille (caractéristique pourtant) outrageusement galvaudée. Qu’elle se rassure, comme certains bijoutiers et couturiers, on ne copie que ce qui peut en valoir la peine, et c’est une manière comme une autre de faire parler de ses produits (souvenez-vous de sa publicité).

    La Chartreuse

    En voilà une dont le secret de fabrication est bien gardé. On ne compte plus les dents que se sont cassées des copieurs coquins. Usant de leur droit divin, les frères de Voiron manient l’humour et l’absolution devant les espions envoyés des quatre coins de la planète dans leur beau monastère de la Grande-Chartreuse en Isère (voir la photo). Mystérieuse comme le Saint-Esprit, appréciée par les vrais amateurs ou jalousée par ses concurrents (s’il en est), la Chartreuse draine à travers ses alambics le symbole même d’une vraie liqueur.

    Elaborée dans le plus total secret à base d’herbes, de plantes et d’eau-de-vie de vins exclusivement, distillée copieusement et parfaitement, rehaussée par du miel pur ou du sirop de sucre, vieillie en fûts de chêne de Russie qui, à l’inverse de ceux du Limousin (pour le Cognac), ne lâchent pas de matières colorantes, la Chartreuse demande à être dégustée religieusement, bien sûr. Présentée soit verte (c’est ma favorite), soit jaune, plus douce, âgée de trois années au moins ou auréolée d’un Vieillissement Exceptionnel Prolongé (VEP), elle est parvenue à se moquer, à travers les siècles, de la mode ou des habitudes des consommateurs.

    Preuve qu’un élixir de longue vie (les frères chartreux en proposent aussi) a quand même besoin d’un coup de pouce du Seigneur.

    Plus terre à terre, mais apparentée quand même à quelque ancien élixir de moine, la Bénédictine n’hésite pas non plus sur la subtilité de sa composition. Pas moins de vingt-sept plantes très aromatiques sont utilisées (noix de muscade, myrte, hysope, mélisse…), séchées et réparties en différentes distillations dont on ne conserve que le cœur.

    L’essence des esprits

    Plus nombreuses, les liqueurs à base d’esprits, c’est-à-dire d’extraits d’essences et d’arômes de fruits, plantes ou autres graines et racines, sont pour les meilleures mélangées à de grands alcools. A leur tête, la liqueur de la famille Cointreau. Elaborée à partir d’une macération d’écorces d’oranges douces et amères dans de l’alcool, d’une chauffe qui permet de catalyser les vapeurs aromatiques, redistillée rigoureusement en séparant la tête et les queues de la coulée, le Cointreau est l’une des liqueurs les plus subtiles qui soient, dont la finesse et la complexité d’arômes séduisent régulièrement les femmes (c’est une référence), comme les hommes. A noter qu’il faut le goûter aussi bien sec que sur des glaçons. Si la silhouette de la bouteille de Cointreau fait saliver les amateurs de nectar de plus de 150 pays, ce qui favorise aisément les rentrées de devises étrangères pour l’Etat comme les autres marques de liqueurs qui bénéficient de cet engouement, une autre petite a réussi son impact visuel.

    Vous l’avez deviné, je veux parler du Grand-Marnier. Comme le Cointreau, le Grand-Marnier est issu d’une macération d’écorces d’oranges dans de l’alcool, distillé, et cet alcoolat d’oranges est ensuite mélangé à du Cognac. Le Grand-Marnier reste en tout cas une des grandes liqueurs françaises mondialement connues. A tel point que les trois quarts de la production sont exportés, dont une bonne partie aux USA. Toujours les devises… La notoriété du Grand-Marnier est d’ailleurs telle qu’on a assorti cette adorable liqueur à tout un tas de produits, du meilleur au pire, des esquimaux aux crêpes suzette. Un Grand-Marnier se suffit pourtant à lui-même et se boit très bien sec.

    Chaque marque de liqueur possède en effet sa propre forme de bouteille, et voilà une bonne occasion de vous lancer dans une nouvelle collection. Sous mes yeux, défilaient donc les rondelettes (Monin’s, Bénédictine, Grand-Marnier, Freezomint de Cusenier), les carrées (Cointreau, une fraise des bois, Loghan Ora), ou les plus élancées (Chartreuse, Mandarine Impériale, Izarra, Marie Brizard). Sur une trentaine de liqueurs dégustées, je continue par celles qui m’ont le plus séduit. La gamme de la maison Cusenier, par exemple. Du Mandarin (liqueur d’orange) au Freezomint (liqueur de menthe), qui rafraîchit le palais, en passant par l’Ambassadeur ou le Curaçao, issu d’écorces d’oranges, fin et fort à la fois. On raconte que cette dernière liqueur, qui doit son nom à une petite île du Venezuela, doit son origine à la colonisation de cet archipel des Antilles néerlandaises par les Hollandais (XVIe siècle), qui en rapportèrent de petites oranges amères. Le Curaçao est fabriqué de même manière que la plupart des autres liqueurs : séchage des écorces, puis infusion dans l’alcool, de douze à trente-six heures. Le mélange est ensuite distillé pour donner un alcoolat d’orange, qui est édulcoré et quelquefois coloré. Souvent mal connue, imitée dans le monde entier, la liqueur de Curaçao mérite une dégustation qui vous fera découvrir son élégance et la chaleur de ses arômes.

    A mieux découvrir aussi, une liqueur basque, l’Izarra, élaborée à base de plantes et de macération de fruits dans de l’Armagnac. Proposée en liqueur verte (48°, quarante-huit plantes), ou jaune (40°, trente-deux plantes), elle vaut aussi une bonne note de dégustation.

    Quelques autres liqueurs gagnent à être connues, comme Peter Heering, Café Kahlkua ou Get 27, une liqueur à base de menthe, qui se boit avec de la glace pilée. Très rafraîchissant.

    Sans m’étendre sur la finesse et la subtilité d’arôme de la liqueur Marie-Brizard, qu’il faut déguster avec de la glace pilée et qu’il n’est plus nécessaire de faire découvrir aux vrais amateurs que vous êtes, testez aussi la délicatesse des autres productions de cette maison en goûtant ses crèmes de banane, de noisette, de noix de coco, de pêche ou de cacao.

    Dans les liqueurs de fruits, j’aime bien la remarquable Mandarine Impériale, obtenue par macération d’écorces, filtration et apport de sucre, à humer impérativement en prenant son temps avant de l’avoir en bouche.

    Dans un autre style, la Maison Pagès conmercialise avec succès sa Verveine du Velay, fort digestive grâce aux nombreuses plantes, chères aux herboristes, qui entrent dans sa composition.

    Une dernière chose : la mode aidant, de nombreuses liqueurs sont utilisées dans la fabrication de cocktails. La plupart des liqueurs de ce guide sont dignes d’être approchées à part entière, surtout en digestifs, à un moment qui semble propice à une osmose parfaite entre le palais des amoureux de l’art de vivre et ces nectars qui fleurent bon leurs essences. Mieux vaut prendre son temps pour les déguster, les choisir, plutôt que de se satisfaire d’un quelconque pousse-café ou d’un mauvais Brandy. Vous y reviendrez.

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