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  • Provence : la mode n'excuse pas tout

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    Beaucoup d’éliminés tant de vins rouges m’ont déçu cette année, de moins en moins typés, de plus en plus “barriqués”, trop concentrés. À leurs côtés, un bon nombre de cuvées garantes d’un mal de crâne, en blancs, et aussi en rosés pour lesquels c’est la fuite en avant, tant ces vins semblent devenir l’eldorado. Et certains rapports qualité-prix sont tout bonnement inexcusables, dans les trois couleurs.

    Ce qui compte, c’est le rapport qualité-prix-plaisir, associé à une typicité réelle, sans se laisser prendre au jeu des cuvées spéciales, où les raisins spécifiques à la région sont ridiculement remplacés par le Cabernet-Sauvignon par exemple (les bonnes exceptions sont rares). Misez donc sur ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle ou Ugni blanc, dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux, élèvant des vins formidables dans toutes les appellations provençales.

     

    Ils sont dans les Classements 2009, dans les trois couleurs. Introduction de la région Provence du Guide Dussert-Gerber des Vins 2009 Millesimes

  • Déceptions et valeurs sûres en Alsace dans le Guide 2009

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    J’ai été déçu par un bon nombre de vins, trop “mous”, trop “sucrés”, manquant de cette fraîcheur qui devrait pourtant prévaloir ici, réchauffement climatique ou non.  Jai toujours un faible pour cette région, origines alsaciennes obligent, et c’est un réel plaisir de suivre cette route des vins qui serpente à travers les collines du vignoble, au pied des pentes boisées des Vosges.

    Le vignoble s’étend du nord au sud sur plus de 170 km. Son parcours est un pur bonheur : des villages fleuris aux winstubs, des collines ondulées, où se dressent fièrement les vignes prêtes au combat comme des troupes de légionnaires romains à la multitude des crus, les uns plus typés que les autres. L’homme vient s’associer à un terroir hors du commun, où l’on élève des vins sans concurrence, avec cette typicité exceptionnelle. Abrité des influences océaniques par le massif vosgien qui lui procure l’une des pluviosités les plus faibles de France (450 à 500 mm d’eau par an), le vignoble d’Alsace bénéficie d’un climat semi-continental ensoleillé, chaud et sec. Ce climat est propice à une maturation lente et prolongée des raisins, et favorise l’éclosion d’arômes d’une grande finesse. La géologie alsacienne représente une véritable mosaïque, du granite au calcaire en passant par le gneiss, le schiste, le grès…

    On ne peut pas confondre un vin d’Alsace avec un autre cru, tant les terroirs laissent s’exprimer particulièrement, ici, le Riesling, là, le Gewurztraminer ou le Pinot gris. Attention à la complexité des crus et lieux-dits et lisez bien les étiquettes, pour ne pas confondre les clos, les Grands Crus ou les ­communes. Attention donc à la dépersonnalisation de quelques vins, notamment en Riesling, qui commencent à être bien trop ronds et loin d’une typicité réelle, où la nervosité devrait être de mise. Appréciez en tout cas l’extraordinaire convivialité des hommes de la région et les vrais vins typés dont les meilleurs atteignent une typicité rare et procurent la joie du vin, à des prix sages.

     

    Introduction Région Alsace du Guide Dussert-Gerber des vins 2009 (Albin Michel)

    Le Classement 2009 vous aide à choisir les incontournables.

     

    Voir les Classements interactifs

     

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  • Bourgogne : les nouveaux Classements 2009

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    Grande dégustation organisée, comme d’habitude, chez Moillard, qui réunissait une centaine des meilleurs vignerons bourguignons. Plusieurs millésimes savourés, dans une bionne humeur assurée.  Pourtant, mes sélections sont sévères cette année, tant il y a des crus trop chers et d’autres à des prix déments dans la région, difficilement cautionnables désormais, souvent “ciblés” pout l’export, intelligemment délaissés en France comme en Belgique.

    En fait, ce n’est pas un problème de prix, mais bien de rapport qualité-prix. Une bouteille simplement “bonne” à 30 € (minimum) ce n’est plus acceptable, voilà tout ! Et, connus, anciens, réputés ou non, il s’agit vraiment de faire attention à certains noms dans la région pour ne pas se faire avoir. La notoriété, comme à Bordeaux, ne suffit plus.

    Mais les vins de Bourgogne que vous allez retrouver dans le Guide cette année méritent leurs prix, à 10 € comme à 25 €, à 50 € comme à 100 €. Il suffit de comparer leur qualité intrinsèque à d’autres vins de mode totalement surcotés que l’on trouve en Languedoc, dans la Vallée du Rhône et à Bordeaux pour s’en assurer. La force des terroirs est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces vignerons talentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.

    Ici, il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde (Lamarche, d’Angerville, Trapet, Moillard, Rebourseau, Bourrée…), ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison (Clos des Perrières, Ampeau, Antonin Guyon, Tremblay ou Pinson à Chablis…); d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport ­qualité-prix-typicité (Blondeau-Danne, Prunier, Laleure-Piot, Marey, Doudet-Naudin, Audoin, Chevillon…), et enfin un véritable vivier de crus que l’on retrouve notamment dans la catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations. Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences.

    La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle. Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir...

    Mes Classements 2009 vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation. Introduction de la région Bourgogne du Guide Dussert-Gerber des Vins 2009 Millesimes

  • Classement Médoc 2009 : l'élégance fait la différence

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    On pourra vous raconter tout ce que l’on veut : les vrais grands vins typés du Médoc, même s’ils sont garants d’ampleur, de densité et d’une grande présence tannique, sont des crus toujours distingués, bien loin de ces vins qui sentent la concentration à outrance। Les sols sont très variés et vont signer les crus : graves garonnaises à Saint-Julien, quartz et cailloux roulés à Saint-Estèphe, croupes de graves maigres à Pauillac, beaucoup de graviers et de cailloux à Margaux... aucun cru n’échappe à la spécificité de ses sols.Bien sûr, tous ne sont pas logés à la même enseigne, et cela fait toute la différence... Mon Classement 2009 vient récompenser les meilleurs, du plus grand (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Grand-Puy-Lacoste, Rauzan-Gassies... à des prix fort sages) au plus modeste, dans une gamme qui convient à chacun। Il y a de nombreux crus qui montent (Desmirail, Batailley, Clauzet, Fonbadet, Tour de By, La Galiane, Malleret, Hanteillan, Doyac, Maucaillou, Fontesteau.. bénéficiant d'un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel) d'autres non, des éliminés, de vrais coups de cœur (Tour du Roc, Muret, Roquegrave, Saint-Ahon, Lestage-Darquier, Fourcas-Dupré, Pomys... atteignant des places fort jalousées), d'autres qui m'ont déçus ou trop chers (certains sont "mis entre parenthèses)... Millesimes

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